Envoyer de l'argent à vos proches en Mauritanie avec Diaango MONEY
plus de 11 mois

02-12-2021 19:00 - Soudure 2022 : comment les coopératives glissent du maraîchage vers la culture fourragère


mediafile_1811175.description

Kassataya - Avec une pluviométrique catastrophique cette année, la soudure est largement en avance dans le centre-est du pays, particulièrement dans le Hodh El Charghi.


Pour pallier cette crise majeure qui s’annonce dans l’élevage, les coopératives maraîchères développent d’avantage la culture fourragère, avec l’introduction de plus en plus importante de la Maralfalfa (pennisetum sp), pâturage pérenne de haute productivité dans leurs périmètres.

Le projet de « Renforcement institutionnel en Mauritanie vers la résilience agricole et pastorale Covid post Covid » (RIMRAP/COPCO), financé par l’Union européenne et mis en œuvre par l’IRAM est à l’initiative de ce soutien.
 

Dans l’Assaba, à quelques kilomètres à peine de Barkéol, une grande surface verte dans le jaune désertique environnant : la Maralfalfa brille de tout son prisme dans le périmètre maraîcher de Disky 2.


Les femmes de la coopérative ont très vite adopté la plante, testée en juin sur leurs terres, et ont même initié une extension ces dernières semaines pour arriver à presqu’un hectare de culture. « C’est une période de l’année où normalement nous sommes bras ballants à attendre que les semences plantées portent leurs fruits vers janvier.

Avec la Maralfalfa, nous avons l’opportunité de nourrir notre bétail confronté cette année à une soudure terrible déjà, et de préserver donc une quantité de lait suffisante pour nos communautés » raconte la présidente de l’association féminine « Yi Weelee », Aïssata Sow.

Les principaux avantages de la maralfalfa sont sa vitesse de pousse et son rendement important lié à sa masse. La faible nécessité en eau pour sa croissance est un élément supplémentaire de son intérêt pour les zones particulièrement arides, avec un accès limité à l’eau, comme dans le centre-est mauritanien.

« La biomasse très importante de la Maralfalfa, en fait une culture fourragère adaptée pour nos agropasteurs, surtout en cette année de déficit pluviométrique intense. Avec des coupes régulières chaque 45 à 60 jours, selon le terrain et l’évolution de la plante, 12 à 18 tiges de peuvent sortir pour chaque plant » souligne Sileymane Wagne, expert agro-pastoral à l’IRAM.

Des arguments qui ont également convaincu la coopérative « El Kevia » à la périphérie de Néma, qui a déjà étendu la superficie de sa culture fourragère après à peine quelques semaines pilotes, en juin dernier.

Le projet s’insère pleinement dans le plan national de développement de l’élevage pour la période 2018-2025, qui comprend un volet approfondi sur la culture fourragère: « La production locale, bien qu’élevée, reste saisonnière et atomisée. Pendant l’hivernage la production de lait est beaucoup plus importante que celle de la saison sèche.

La saisonnalité de la production laitière s’explique par l’abondance périodique des fourrages et la disponibilité de l’eau. La difficulté de couvrir les besoins alimentaires des laitières et de distribuer des rations en fonction des productions est entretenue par la faible pratique des cultures fourragères. » peut-on lire dans le chapitre sur l’élevage, notamment sur la filière laitière.

Une panacée pour les agropasteurs

Le Hodh El Charghi est la plus grande wilaya pastorale du pays. Les besoins en aliments de bétail sont énormes. La culture de la Maralfalfa peut être une réelle opportunité pour les éleveurs, et les agropasteurs.

A Néma, Baba Hassan, président régional du Groupement National des Agro-Pasteurs (GNAP) insiste sur l’importance de la sensibilisation et de l’organisation, pour structurer d’avantage les éleveurs. « En période de soudure, nous percevons nos actions comme stabilisatrices du prix des intrants animaux ; l’introduction massive de la Maralfalfa dans le pays peut être objectivement une bonne perspective en ce sens, si les sites sont bien choisis aussi » recommande-t-il.

« Le glissement constaté des communautés agropastorales de notre monde rural, vers de la culture fourragère, est une preuve de la résilience adaptative de celles-ci. La soudure exceptionnellement difficile qui s’annonce, commence déjà dans le Hodh El Charghi et dans d’autres régions de la Mauritanie » commente pour sa part le délégué régional de l’élevage, Lehbib Abdel Aziz.

Mariam Diarra, présidente de la coopérative maraîchère féminine de Rahma Zamal, dans la zone rurale de Kiffa insiste aussi sur la facilité de cette culture, avec le contexte du déficit pluviométrique, qui a mis à mal les cultures maraîchères. «

A cause du déficit pluviométrique, les pâturages sont déjà très rares. Dès le mois de juin nous avons planté la Maralfalfa sur un peu moins d’un quart d’hectare. Avec cette production, nous faisons de l’embouche auprès de nos quelques têtes de bétail.

Nous avons une vache laitière qui produit 10 litres de lait par jour, que nous nous partageons entre nous pour nos enfants » raconte-t-elle. Une expérience tellement satisfaisante à ses yeux, qu’elle a doublé sa superficie de production en 3 mois.

Mamoudou Lamine Kane

Articles associés

PRINCIPE. Alors que cet accord commercial lie les USA et l’Afrique, Washington justifie sa décision par l’absence de progrès démocratique après deux coups d’État militaires. Après l'Éthiopie, le Mali et la Guinée, en 2021, le président des États-Unis
Le ministère mauritanien du commerce, de l’industrie, de l’artisanat et le tourisme, a annoncé la saisie, en septembre dernier, de 35 tonnes de produits périmés dont 2,5 tonnes dans la wilaya du Trarza. Les auteurs de ce délit ont été sanctionnés et
Pour parer à toute éventualité de rupture d’approvisionnement suite à la guerre en Ukraine, la Mauritanie vient d’importer 25.000 tonnes de blé pour le compte des programmes sociaux. La réception de cette cargaison par la Commissaire à la sécurité al
Le Courrier du Nord - Un document confidentiel que le site El mouachir El iqdissadi (L'indicateur économique) a pu se procurer révèle que la farine de poisson communément appelée moka constitue entre 550.000 à 600.000 tonnes, ce qui correspond à 65%
La Commissaire à la Sécurité Alimentaire (CSA), Fatimetou Mint Khattry a lancé, le samedi 28 aout courant, un programme de financement de plus de 100 projets générateurs de revenus au profit de coopératives de femmes et de regroupements ruraux au niv
Des agriculteurs se sont plaints ce mercredi de la hausse vertigineuse des prix des engrais depuis l'ouverture de la campagne agricole en juillet dernier par le président Mohamed Ould Cheikh El-Ghazouani. Le prix d'une tonne d'engrais noir est passé
L’organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a révélé mardi que les pertes enregistrées dans le domaine de l’agriculture en Mauritanie, du fait des déprédateurs et autres ennemis des cultures, est estimée à 29 millions
Le ministre mauritanien du Développement rural, Dy Ould Zein, a affirmé mercredi que « l’autosuffisance alimentaire sera à portée de main si les citoyens se tournent vers l’agriculture ». Une déclaration faite en marge de la conférence de presse comm
L’organisation non gouvernementale ASEDG en partenariat avec le centre médical a entrepris des actions de redynamisation des unités de santés de base (USB) des localités rurales de Roti, de Belel Koylé (commune de Boghé), Mgueîrinatt et Bir El Vowz (
prix des denrées de première nécessité n’ont pas été suivies d’effet Le Calame : Suite à la récente flambée des prix des produits de première nécessité, vous avez organisé une manifestation de protestation. Avez-vous le sentiment que ce coup de gueul

En direct

Suivez en direct l'actualité